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samedi 10 septembre 2011

Majorque - 23-26 août

Pendant trois jours, passé le magnifique cap nord-est de l'île, nous découvrons la côte nord de Majorque et ses immenses falaises, qui la rendent tout à la fois impressionnante et relativement inhospitalière: les baies où s'abriter sont peu nombreuses, et assez sauvages. Nous profitons du calme et de la beauté de quelques "calas" - surtout en dehors des heures chaudes (dans tous les sens du terme) pendant lesquelles les touristes débarquent par catamarans entiers (les "glass bottom boats", qui sont devenus une vision très familière...).

Sur le thème "sciences & nature", nous abordons le sujet des étranges animaux sous-marins: Marc harponne une seiche (sacré Marc), que Nadia s'empresse de disséquer (sacrée Nadia) sous les yeux ébahis des enfants, qui n'oublieront plus jamais que les poulpes ne sont pas les seuls à jeter de l'encre sur leurs prédateurs - et se réjouissent de manger l'animal, peu dégoûtés semble-t-il par son aspect peu ragoutant... J'aimerais pouvoir dire qu'ils s'en sont régalés mais après avoir été oubliée pendant trois jours dans le frigo, j'ai décidé arbitrairement qu'il convenait de la rejeter à la mer. Ouf, je l'ai échappée belle...

Jeudi 25, en fin de journée, nous arrivons doucement dans le port de Soller, d'où Nadia nous quittera le lendemain matin. Nous passons une très agréable dernière soirée ensemble, dînant sur le port et profitant jusqu'à la lie de sa présence avec nous. Si Vadim n'avait pas, par la suite, passé une partie de la nuit à vomir son dîner (est-il besoin de dire que je m'en suis voulue de l'avoir forcé à manger ses coquilles saint Jacques?), c'aurait été tout à fait parfait.

Vendredi matin, à l'heure et au lieu dits, le taxi attend - Luca & moi (Vadim compense en faisant la grasse matinée, Marc le veille) accompagnons Nadia jusqu'à l'aéroport. Ces 12 jours ont filé comme le vent - nous sommes tous enchantés d'avoir partagé avec elle un peu de l'aventure de Panta Rhei, et très reconnaissants de sa présence bienveillante et généreuse (infatigable joueuse de Piratatak et raconteuse d'histoires), mais aussi redoutablement efficace (réparation du lazy-jack en pleine navigation, couture du bimini, et j'en passe) et enthousiaste à bord. Merci Wonder-Nonna!!!

Majorque - côte nord

jeudi 1 septembre 2011

Minorque - 13-22 août

Lever tardif, il fait beau, très chaud, nous levons l'ancre après que Luca et Vadim aient plongé sans se poser de question dans l'eau stagnante et opaque de la baie, et allons nous amarrer dans le port de Mahon: un abri naturel étonnant (connu pour être l'un des plus sûrs de la Méditerranée), longue langue de mer entre deux terres. Après le confinement et la quasi-immobilité de ces quarante huit dernières heures, tout le monde savoure la promenade sur le port, puis dans la ville haute de Mahon, ravissante.

La journée du 13 août s'écoule paisible, consacrée d'abord à un nettoyage façon tornade blanche de Panta Rhei, puis à une déambulation tranquille dans Mahon, ruelles ombragées, églises, parc et plaine de jeux. Plus qu'une fois dormir...

14 août, 8h45 du matin, Nonna arrive!! Les retrouvailles sont chaleureuses, tendres, pleines de joie. Les enfants sont déterminés à ne pas la lâcher d'une semelle, et il est décidé très vite qu'elle dormira alternativement avec l'un puis l'autre, pour ne pas faire de jaloux...

Nous passons ensemble dix jours merveilleux à bord, à découvrir la magnifique île de Minorque (que Nadia connaît bien, pour y avoir navigué avec Carlo pendant de nombreuses années avant d'élire la Grèce et la Turquie comme lieu de navigation privilégié pour leurs six mois de mer annuels). Sur la côte sud, nous avons adoré Cala Bini Parratx et ses eaux pleines de poissons; Cala Covas et ses grottes préhistoriques; Cala Galdana et la visite à bord du charmant Gabriel, de la marina de Mahon, venu tout exprès en voiture pour nous ramener le linge que nous avions laissé derrière nous; Cala Trebaluger et la rivière-aux-tortues; Ciutadella, ancienne capitale de l'île, et notre rencontre coup-de-coeur avec Daniel et Marta, un couple d'Espagnols naviguant sur un bateau issu du même chantier que Panta Rhei (ils sont suffisamment peu nombreux pour que cela soit étonnant): il vend des bateaux, elle est metteur en scène de théâtre, nous sympathisons tout de suite et nous sentons (pourvu que cela soit réciproque) une grande proximité avec eux. De ces rencontres rares, étonnamment naturelles, qui réclament d'être prolongées... Et qui sait, s'il parvient à la convertir tout à fait à la navigation, peut-être nous croiserons-nous encore dans d'autres mers...

Le 22 août, deux jours plus tôt que prévu, encouragés par l'infatigable enthousiasme de Nadia, nous décidons de profiter du vent portant pour traverser vers Majorque. Nous y arrivons à la nuit tombée, et mouillons l'ancre devant le port de Bonair.

Minorque - retrouvailles avec Nonna



Traversée Sardaigne - Baléares

Mercredi 10 août. Le réveil est branché à quatre heures du matin, Marc se lève et évalue les conditions météo en vue du départ. Verdict: le vent souffle encore fort, les vagues cassent nettement dans La Passe (qui chaque fois qu'on en parle prend dans mon esprit une dimension un peu plus effrayante) et la traversée de cette dernière serait dès lors trop risquée. Le plan B se met en place: nous attendrons la "queue" du coup de vent pour démarrer en se faisant pousser dans la bonne direction, sachant que cela ne durera que quelques heures et qu'il faudra, après cela, poursuivre dans le calme plat (autrement dit, sans les voiles).

Nous prenons donc le temps de démarrer la journée lentement, faire un plein d'essence dans le port de Stintino, et déjeuner tranquille avant le grand départ.

15h, ça y est, nous nous dirigeons vers la passe: Marc est à la barre, les enfants priés de rester immobiles dans le carré, et je suis assise les yeux rivés à l'ordinateur de bord pour "guider" le capitaine entre les hauts-fonds. Nous franchissons miraculeusement, mais la sueur au front, ce passage redoutable. Nous avons bien entendu retentir une fois ou l'autre l'alarme du profondimètre, mais nous sommes passés à l'ouest de la Sardaigne. L'Espagne est à environ quarante cinq heures de navigation, tout droit devant. Ouf!

Le répit n'est que de courte durée, car nous trouvons juste de l'autre côté de la passe une houle de deux à trois mètres, qui fait monter et descendre le nez du bateau à la verticale - un peu comme sur les montagnes russes, le fou-rire nerveux en moins... Heureusement, comme annoncé par la météo, cela finit par se calmer relativement rapidement, et la fin de la journée se passe à regarder la mer, et le temps qui s'écoule paisiblement. Les enfants "veillent" avec nous sur le pont jusqu'à 22h30, fascinés par le spectacle de la nuit qui se lève sur l'horizon et des étoiles qui remplissent le ciel. Après leur coucher, Marc et moi nous partageons la nuit - cette fois de façon un peu plus équitable, grâce à la pluie d'étoiles filantes qui me tombe sur la tête et me retient de passer le relais... Tellement beau qu'il me prend l'envie de danser dans le cockpit, le nez en l'air et la tête pleine de la bonne musique que je fais jouer sur l'iPod...

Le lendemain, évidemment, Marc et moi luttons contre le (manque de) sommeil et devons déployer des efforts surhumains pour répondre favorablement aux incessantes demandes des enfants (bricolage, chanson, jeu, histoire, film). La journée semble bien longue (et le moteur ronronne, c'est le calme plat), mais les garçons nous impressionnent une fois encore par le naturel avec lequel ils s'approprient la situation: pas un "je m'ennuie!", "c'est quand qu'on arrive?".

Longue journée certes, mais marquée durablement par le souvenir du spectacle que nous ont offert une baleine et son baleineau: aperçues de loin grâce à leur "jet", elles se sont laissées approcher d'assez près, suffisamment pour que nous puissions, ébahis, évaluer l'immensité des ces créatures...

11 août, vers minuit, nous apercevons les premières lueurs du port de Mahon, capitale de Minorque. A trois heures du matin, nous jetons l'ancre dans une baie voisine du port principal, pour nous éviter des manoeuvres périlleuses dans la nuit noire...

Traversée Sardaigne- Baléares

dimanche 14 août 2011

Sardaigne - pointe nord ouest

Dimanche 7 aout, Panta Rhei va reprendre la route... Nous decidons de profiter du faible vent qui souffle favorablement pour filer vers la pointe nord ouest de la Sardaigne, qui sera le point de depart de notre traversee vers les Baleares.

L'arrivee en debut de soiree a Porto Torres restera un mauvais souvenir. A cette heure, il n'y a plus personne a la capitainerie pour aider a la manoeuvre d'amarrage. La bonne volonte de deux Italiens sautes de leurs bateaux pour nous donner un coup de main ne suffira pas: apres deux tentatives avortees de s'accrocher au quai dans le bassin principal (le vent nous pousse lateralement et Panta Rhei est trop lourde, sa poupe derive), on decide qu'il convient de tenter notre chance dans le bassin d'a cote - sans savoir, puisque rien ne l'indiquait, qu'il y avait dans le passage un haut-fond cree par les autorites du port elles-memes lorsqu'elles ont decide, quelques annees plus tot, de rogner le quai sans toutefois se preoccuper de deblayer les morceaux de beton coules au fond... BANG! Marc est livide et furieux ("Je vais les attaquer en justice! Ils sont responsables!!"). Quant a moi...je m'efforce d'accepter definitivement, et en silence, l'idee de ne quasi jamais plus voir un quai de pres.

En outre, l'endroit est sans charme, et surtout effroyablement bruyant. Finalement ce sera une chance, puisque Marc file oublier sa colere dans les rues de la ville afin de voir ce qui s'y passe. Il y decouvrira des hordes de Sardes en liesse, corteges, cotillons, farandoles et deguisements de champignons: c'est le grand Carnivale d'Estate, une sorte de Rio couleur locale... Voila de quoi se changer efficacement les idees !

Nous ne nous attardons pas le lendemain matin et (apres que Marc ait plonge dans les eaux pour le moins suspectes du port pour constater les degats du choc d'hier sur la quille), filons vers l'isola Asinara, etonnant endroit a l'allure de bout-du-monde abritant semble-t-il une ancienne prison et peuplee quasi exclusivement d'anes et de chevres. Nous passerons la deux jours a attendre que passe le gros coup de mistral, a ramasser des cranes de chevres et a cogiter sur le meilleur moment pour entreprendre la traversee vers Minorque.

Ici, pas de reseau telephone, et encore moins de connexion internet. Impossible donc de mettre a jour les fichiers meteo sur l'ordinateur de bord. Je tente meme un voyage en bus (un bus!? quelle chance!!), par la route unique, un ordinateur portable sous le bras, pour trouver plus loin du wifi dans un improbable bar plante au milieu de nulle part. On me rit au nez quand j'explique ce que je viens chercher. Je rentre donc bredouille au bateau, ou je trouve Marc en train de se battre avec le fonctionnement du telephone satellite. Finalement, il parviendra par ce moyen a telecharger les dernieres previsions du temps. Conclusion: il faudra vraisemblablement profiter d'une bonne fenetre de vent annoncee vers quatre heures et demi du matin le 10.

Nous partons donc la veille en fin de journee (apres que Marc ait plonge pour voir, allez encore une toute petite fois, l'etat de la quille...) pour aller nous attacher, pour la nuit, a une bouee situee devant la passe qui ouvre vers l'ouest, etroite bande de mer entre l'ile Asinara et le reste de la Sardaigne, truffee de hauts-fonds. Nous devrons la franchir pour passer "de l'autre cote" de la Mediterranee et entamer notre traversee transfrontaliere...

Asinara...morts ou vifs



Corse - suite et fin

Dimanche 31 juillet. Les meilleures choses ont une fin, et par nature elle est un peu douloureuse: tout le monde a fait ses valises, nous aussi, il est temps de passer aux adieux. Escortes par les copains, nous re-embarquons sur Panta Rhei via Bouee, "garee" pour l'occasion sur les rochers en contrebas de la maison (ceux-la memes qui ont ete, quelques jours plus tot, le theatre d'une peche miraculeuse aux bernards-l'ermite).

Il nous faudra tres peu de temps pour repasser completement en mode bateau, a peine un pied sur le pont j'ai cette impression que l'on ressent en passant la porte de chez soi au retour de vacances: content de retrouver son univers, mais nostalgique de l'ailleurs (et des autres, en l'occurrence) que l'on laisse derriere soi.

Heureusement, la transition est grandement facilitee par la presence a bord de Tina, Cedric, Manu & Austin de Meeus: contrairement au reste du groupe, ils ne rentrent a Bruxelles que le 4 aout et nous font le plaisir de partager jusque la un bout de chemin avec nous.

Ce furent quatre jours de bonheur tres pur et tres simple, les "grands " (Manu & Luca) et les "petits" (Austin & Vadim, jumeaux a trois jours pres) tout a leurs jeux, les parents se delectant du soleil et de la mer corses, et tous pendus aux levres de Cedric pour suivre les episodes quotidiens de l'histoire (improvisee et neanmoins trepidante) de Barberousse et Monkeybiz... Finalement, ils sont tous, je crois, acquis aux plaisirs particuliers de la vie sur Panta Rhei: le vin rouge en cubis, le rikiki, la douche chaude sur la plate-forme arriere, les banzais depuis le pont du bateau et les jeux olympiques sur la plage. Tout cela avec, chez chacun, le plus grand naturel et beaucoup d'enthousiasme. 

Nous les deposons dans le petit port de Figari le matin du 4 aout, enchantes de notre sejour tous ensemble et tres touches de leur visite - car si Tina etait deja convaincue du bonheur de la voile, Cedric est monte a bord en se sachant extremement sensible au mal de mer; s'il n'en a rien ete cette fois-ci, il fallait sacrement de motivation et d'amitie pour bien vouloir tenter le coup... Merci a tous les quatre!

vers Figari

Pour d'autres raisons encore, nous nous souviendrons longtemps de notre halte dans la baie de Figari: le spectacle impressionnant d'un Canadair qui, dans une manoeuvre d'entrainement sans doute, a tourne en rond au-dessus du bateau quelques minutes avant de descendre en pique, dans un grand fracas de moteur, en passant a un metre a peine de notre mat; une tres grosse frayeur lorsque, tout juste remontes a bord apres une expedition au village pour les courses d'avitaillement, le vent s'etant mis a souffler tres fort, l'ancre a commence a chasser et le bateau a deriver a grande vitesse vers les rochers - a dix minutes pres, nous aurions fort bien pu ne pas etre la pour le voir et eviter de justesse la catastrophe...

oups!

Samedi 6, vive les vacances d'ete, nous avons encore de la visite! Simona, Patrick, Nicolas & Charlotte Meers, avec leur copine Charline, arrives deux jours plus tot dans la maison qu'ils louent pres de Porto Vecchio, viennent passer une journee a bord. Nous les embarquons a Figari et naviguons ensemble vers une jolie baie toute proche, ou l'on s'adonne aux joies de la plage, olympiades (desormais un classique...) et ramassage de coquillages compris.

famille Meers & co

samedi 6 août 2011

Corse - part three: les copains!!

Dimanche 17 juillet, 20h: nous savons qu'ils sont arrivés dans la maison, l'excitation monte, nous trépignons... Ariane et moi connectons par téléphone et tâchons, dans un échange surréaliste ("De quel côté vois-tu la lune? Et le gros catamaran, là, tu le vois?") de nous localiser l'une l'autre. Après avoir déterminé que nous devions être assez proches, je scrute la côte avec les jumelles: "Ca y est, je vous vois sur les rochers, Matthieu et toi!!". Nous sautons tous les quatre dans le dinghy et partons à leur rencontre. Les retrouvailles sont instantanément délicieuses, nous montons à pied à la maison (à 300 mètres à vol d'oiseau de l'endroit où se trouve Panta Rhei dans la baie...) et partageons un moment exquis avec la bande fraîchement débarquée de l'aéroport d'Ajaccio.

Nous retournons à bord pour la nuit, et dès le lendemain matin, rassemblons de quoi passer deux jours avec les copains sur la terre ferme. Dans les faits, grâce à l'accueil enthousiaste et chaleureux de toute la bande (petits et grands, tous enchantés de se retrouver), ce qui devait être deux jours de camping dans la maison s'est transformé en un séjour ininterrompu de deux semaines. Les enfants et moi - Marc ne pouvant se résoudre à laisser le bateau pour la nuit, et profitant de la proximité du port d'Ajaccio pour faire quelques travaux - avons purement et simplement phagocyté le groupe et nous sommes installés dans la maison. Un moment de gêne est vite passé... Mention très spéciale à la famille de Liedekerke, qui a spontanément décidé de faire, pendant tout le séjour, chambre commune pour libérer de la place...

Les quinze jours passés avec les copains ont été parfaits; le bain moussant, la machine à laver et le lit-qui-ne-bouge-pas ne furent rien à côté du pur bonheur de passer du temps tous ensemble, boire du rosé frais sous les palmiers du jardin, retrouver le trésor caché du Grand Manitou, faire des bombes dans la piscine, griller du poisson, se maquiller en Batman, disputer des parties endiablées (et c'est un euphémisme...) de tuinwoman, jouer dans les vagues, rouler la nuit dans les lacets corses, pêcher des bernards-l'ermite entre les rochers, échanger nos vues sur l'existence de Dieu...et du verbe "racuspoter", se jurer chaque soir qu'on se couchera tôt et ne pas parvenir à tenir sa promesse...

Nous avons même eu le plaisir de faire monter à bord, pour une heure, trois heures, une après-midi ou une nuit -presque- tout le monde. Luca se souviendra longtemps de son expédition nocturne sur Panta Rhei avec son papa, son frère et Charlotte, qui a surmonté comme une star le trajet en dinghy sous les étoiles, le mouvement du bateau, l'absence de ses parents, et le caractère totalement nouveau de l'environnement, pour finir par être à bord comme chez elle, sautant même à l'eau de bon matin avec son amoureux sous une légère pluie d'été. How romantic. Je garde moi aussi un souvenir très cher de ma nuit à bord avec Ariane et Céline: l'une a ronflé, l'autre n'a presque pas fermé l'oeil, et moi j'étais heureuse de partager un peu de la vie sur Panta Rhei avec elles...

Pour ces très belles "vacances", MERCI, MERCI, MERCI à Ariane, Felix, Max, Babette, Matthieu, Céline, Archibald, Félix, Arthur, Ethan, Barbara, Jurjen, Julia, June, Pieter, Caio, Stéphane, Sophie, Charlotte, Juliette, Tina, Cédric, Manu, Austin, Aude, Louis, Jeanne, Charles et Lou, Stéphane H, Maguy et Madame Z !!!

cette photo: (c) Matthieu
baie de la Castagna

vendredi 5 août 2011

Corse - part two: Bonifacio

L'approche de Bonifacio par la mer est sublime: accrochée au sommet des falaises blanches à l'aplomb du vide, la vieille ville semble inaccessible. Le port est niché au fond d'une languette de mer cachée dans une faille de la roche, totalement abrité des furies de la mer (le bon sens des anciens, une fois de plus...).
Nous mouillons l'ancre dans une calanque située juste avant le port, qui absorbe le surplus estival de bateaux. La manoeuvre n'y est pas facile, car le vent souffle fort et l'espace est réduit. Grâce à l'expertise et au calme olympien du capitaine, nous nous accrochons longuement et solidement: amarrés, sur le côté, aux bateaux voisins - dont un catamaran de francophones anversois très avenants - et, à l'arrière, aux anneaux fixés dans la roche. Nous avons été bien inspirés de ne pas lâcher d'ancre: comme nous le découvrirons dès le soir de notre arrivée, la calanque offre le spectacle quasi permanent de bateaux en difficulté, leur ancre emmêlée aux pendilles et aux ancres des autres bateaux...

Pendant trois jours, le vent souffle à force 8 en continu, et nous restons bien sagement accrochés dans "notre" calanque. Perchés au sommet de la vieille ville, nous nous délectons de la vue sur la mer déchaînée...depuis la terre ferme. La promenade sur la falaise, sur un sentier aménagé juste ce qu'il faut pour être praticable, tout en préservant l'aspect sauvage du paysage, est un régal!

Renseignements pris, nous nous réjouissons d'assister aux festivités nationales: on nous annonce un feu d'artifice ce mercredi 13 (arrangement entre amis avec les autorités du port de Porto Vecchio, qui se gardent l'exclusivité du 14), les enfants sont donc mis à la sieste forcée (ce soir, on se couche à minuit!) et ne parlent plus que du spectacle qui les attend... Mais nous attendrons en vain, sur le pont, et finirons tous par nous endormir sans avoir rien vu briller d'autre dans le ciel que les étoiles. L'explication nous sera donnée le lendemain: feu d'artifice annulé pour cause de vent. Qu'à cela ne tienne, nous nous rattraperons avec le bal populaire de ce soir. "Ah non Madame, le bal c'était hier". Le flop!  Nous noyons notre frustration dans le brocciu et le sanglier, dans un petit restaurant "très typique" de la ville haute, et la déception est oubliée...

Samedi 16, 8h du matin: le vent s'est très largement calmé, nous quittons notre abri et entamons une navigation d'environ quarante milles vers la baie d'Ajaccio. Des trois jours de gros temps, il reste une mer très formée, aussi le trajet est un peu inconfortable. Cependant, chaque mille parcouru nous rapproche du lieu de rendez-vous avec "les copains", et nous sommes terriblement excités!  Nous mouillons en milieu d'après-midi au pied de la tour de la Castagna, à quelques encablures, d'après le point Googlemap que m'avait envoyé Ariane, de la maison dans laquelle nous nous retrouverons... Plus qu'une fois dormir!


Bonifacio