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vendredi 6 juillet 2012

New York City, 17 juin - 6 juillet

Dimanche 17 juin. New York! Cinq semaines de belgitude intensive (merci à la famille, aux amis et à l'école pour votre accueil chaleureux et votre présence affectueuse - grâce à vous on n'a (presque) pas remarqué qu'il faisait à Bruxelles un temps quasi-automnal...) et deux vols transatlantiques après nos adieux à Saint Martin, et voici enfin le temps des retrouvailles! Marc nous cueille à JFK, après que nous ayons passé sans trop de peine la double épreuve de l'interminable file et de l'interrogatoire à l'entrée sur le territoire américain. Il est toujours aussi beau, bronzé et souriant près sa navigation hauturière à travers le Gulf Stream, et impatient de nous faire découvrir le mouillage où le bateau nous attend.


En effet, c'est saisissant: notre belle Panta Rhei, celle-là même qui, depuis un an, nous a amenés de Malte aux Canaries, en passant par la Sardaigne, la Corse, les Baléares et Gibraltar, puis tout le long de l’arc antillais, est à présent accrochée au quai (un peu fatigué, mais vaillant) du Boat Basin situé à l’extrémité de la 79ème rue dans l’Upper West Side de Manhattan. A cinq minutes à pied de Broadway, dix minutes de Central Park, voilà un point de départ idéal pour nos explorations quotidiennes!


Le contraste, évidemment, est immense et radical avec l'isolement et le silence des mouillages que nous avons fréquentés pendant les cinq mois de notre saison caraïbe. N'est-ce pas là justement que réside la magie de ce voyage? Ce qui nous attend ici n'a rien de commun avec ce que nous avons vécu jusque là. Pourtant, nous continuons d'être "à la maison" sur le bateau - et nous plongeons bien vite dans la frénésie citadine...


Par ailleurs nous nous régalons de la présence, au même mouillage, d’Ortemi (Tea, Mirko et Aurélien, dont nous avons croisé la route pour la première fois à Gibraltar en octobre dernier) et Pingouin (Perrine, Jean-Michel, Martin, Caroline et Rémi, rencontrés au Saba Rock grâce à Ortemi, juste avant de quitter les BVIs pour Saint Martin): les journées sont souvent passées ensemble, en tout ou en partie, et les enfants forment une très joyeuse bande. Entre les grands comme entre les petits, l’alchimie fonctionne à merveille et on en redemande... 


Pendant près de trois semaines, finalement (ce devait être une dizaine de jours, mais nous n'avons pas cessé de prolonger le séjour, tant la ville magnétise, envoûte, fascine), nous marchons sans relâche et nous promenons, les yeux grands ouverts, dans la chaleur caniculaire de cette métropole immense, grouillante et extraordinairement variée. Interrogés sur ce qu'ils retiendront de New York, les enfants répondent sans hésiter: les moments passés avec les copains, les écureuils (et les aigles!) de Central Park, les fontaines dans les plaines de jeux, l'expédition à Coney Island ou la sortie cinéma avec leur papa, et...les vendeurs de hot-dogs.


Il y a eu tant de beaux et bons moments qu'il serait bien difficile de les relater chacun en détail: flânerie dans Chinatown, Greenwich Village ou autour de Times Square; promenade sur la High Line (ancienne ligne de chemin de fer aérienne reconvertie en promenade verte surplombant la ville); visite du Guggenheim, du MoMa ou du Musée d'Histoire Naturelle; quelques pas de boogie dans la fraîcheur du soir lors d'un concert en plein air de Charlie Watts devant le Lincoln Center; concert/brunch au Lenox Lounge à Harlem; ascension de l'Empire State Building; balade en vélo sur le Brooklyn Bridge et dans le Financial District de Manhattan - sans compter, le soir du 4 juillet, la visite à bord de Kate (vieille amie de la famille, “vraie” new-yorkaise et néanmoins émerveillée par le spectacle de la ville depuis le bateau...) et les sublimes feux d'artifice tirés sur la Hudson River, admirés aux premières loges, à 17 (!) sur le pont de Panta Rhei! 


Parce que les meilleures choses ont une fin, il va falloir que l'on s'arrache pour entamer notre remontée de la côte est... Le départ est prévu demain à l'aube, les courants et les marées étant tels dans la rivière qu'il faut impérativement viser une fenêtre de départ précise afin de ne pas risquer de faire du sur place... voire même de reculer! 

dimanche 1 juillet 2012

Traversée St Martin - Bermudes - New York: 26 mai - 13 juin

26 mai: mon équipage de traversée débarque. Dix jours déjà que Céline et les enfants sont partis à Bruxelles. Dix jours de travaux divers et d'entretien saisonnier sur Panta Rhei pour le capitaine (qui se distrait ainsi de la cruelle absence), et voici enfin approcher, comme une libération, le temps de la navigation.  Et quelle navigation !

1700 milles d'une superbe diagonale à travers l'Atlantique Nord pour rallier les Caraïbes à New York. Finis les alizés, le ciel cotonneux et les mers tempérées. Nous rentrons ici dans le régime des dépressions altantiques qui se forment en continu le long de la côte Est des Etats Unis et du Canada. Celles-ci ont la réputation de rapidement lever des conditions de mer effroyables, surtout au nord des Bermudes, et sont craintes par tous les marins transitant dans la région.

Pour ceux qui entament la transat dite "retour" vers l'Europe, le jeu consiste à surfer autour de ces systèmes dépressionnaires vers les Açores en restant suffisamment au sud pour éviter de se retrouver piégé dans des conditions dangereuses. Mais pour ceux qui rejoignent le nord des Etats Unis, pas d'autre choix que de rentrer dans la mêlée, si possible à la faveur d'un bon créneau météo, mais en se préparant quoi qu'il arrive à subir du gros temps. Le capitaine et ses trois équipiers, Jérôme Spriet (photographe, esthète et passionné de mer), François Podevyn (fonctionnaire anarchiste et vieux loup de mer) et Pierre Podevyn (fils de ce dernier, guitariste hypotendu et candidat au rêve americain) sont prêts au combat !

28 mai: nous lâchons les amarres d'un quai solitaire de Sint Maarten, et prenons la route vers les Bermudes - pour un arrêt pipi avant New York.

Les 900 milles qui nous séparent de l'archipel sont parcourus en sept jours et sans grand incident. Les conditions que nous rencontrons sont même assez calmes, tandis que la tempête tropicale Beryl laboure l'ocean Atlantique à 500 milles à peine à l'ouest de notre position et menace de converger vers nous si nous traînons en chemin. Son passage au nord des Bermudes et les perturbations qu'elle laisse dans son sillage nous obligeront a marquer un arrêt plus long que prévu (cinq jours) dans la baie de St Georges avant qu'il ne devienne possible de reprendre la mer vers New York dans des conditions négociables.

Cette halte forcée constitua finalement une bien agréable surprise: les Bermudes, perdues au milieu de l'Atlantique, sont d'une beauté inattendue, et nous y faisons de belles rencontres, locaux et marins de passage confondus. Nous y retrouvons aussi, avec grand plaisir, nos amis des bateaux Ortemi et Pingouin, que nous avions quittés aux BVIs un mois plus tôt.

8 juin: nous nous engouffrons juste derrière le dernier front froid et partons au près sous la pluie et dans une mer toujours formée. Cap au nord-ouest, pour 700 milles jusqu'à Manhattan. La météo est capricieuse, avec plusieurs bascules de vent prévues et des allures de près qui rendent indispensable un routage précis afin de garder de la vitesse et éviter de rallonger le voyage (nous avons peu de marge de manoeuvre, puisque Jérôme doit impérativement être de retour en Europe le 15 juin). Mais dans l'ensemble, les conditions sont favorables. Le capitaine se permet d'ailleurs à mi-chemin une plongée en eaux froides pour extirper de l'hélice une sac plastique pêché en route. Seule source d'anxiété, le passage du Gulf Stream, gigantesque tapis roulant océanique propulsant des milliards de litres d'eau à près de quatre noeuds vers le nord de l'Europe. Ce puissant courant, quand il est combiné à des vents contraires, peut générer une mer déferlante et dangereuse. Or, justement, nous nous trouvons dans ce cas de figure, le vent soufflant de nord-est a 15-20 noeuds... interesting! Nous sommes en effet quelque peu chahutés mais Panta Rhei, tout le long, reste parfaitement manoeuvrante et étale la mer sans difficulte. God I love this boat!!

Seule la dernière nuit nous réservera une désagréable surprise: jusqu'à 40 noeuds de vent et une mer confuse qui fatigue le bateau et les hommes. Aussi, la vision du skyline de Manhattan se découpant dans la lumière naissante de ce matin pluvieux du 13 juin sera particulièrement magique. Dans le grand sac à souvenirs, le passage de Panta Rhei sous la Statue de la Liberté et sa longue remontée de l'Hudson River jusqu'à notre improbable mouillage de l'Upper West Side, au niveau de la 79ème rue, occuperont certainement une place toute spéciale...

15 juin: 12.000 milles nautiques (soit 21.000 kilomètres) parcourus sur Panta Rhei depuis son départ de Hollande - et nous voici à Harlem, à deux heures du matin dans la mythique Zebra Room du Lenox Lounge, assistant à une jam session improvisée a laquelle, un demi-siècle plus tot, on aurait pu voir participer Billie Holiday ou Thelonious Monk. Ce qui donne tant de saveur à ces instants, c'est sûrement le chemin qui y mène....

MERCI à Jérôme, François et Pierre pour cette nouvelle contribution au périple des Stockers on sea; le capitaine était une fois de plus très fier de son équipage ! Demain, Céline, Luca et Vadim me reviennent du plat pays et nous ouvrirons ensemble une nouvelle page de cette grande et belle aventure...

Dreams do come true!!!

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mercredi 30 mai 2012

Saint Martin: 9 - 12 mai

24 heures, pile: c'est le temps qu'aura duré la traversée Virgin Gorda - Sint Maarten (la siamoise hollandaise de Saint Martin), avec un vent modérément contrariant et une mer pas trop formée. Mais la perte d'habitude de la navigation longue, après un mois de sauts de puce dans les BVIs, a fait planer sur l'équipage un peu d'inconfort dans la première moitié du voyage: les enfants ont passé presque toute la nuit blottis dans le cockpit, et pour les adultes la nuit fut quasi blanche...

A 15 heures le 9 mai, nous jetons l'ancre dans Marigot Bay, dans la partie française de l'île, et passons deux jours à flâner tandis que Marc fait le point sur les travaux à entreprendre avant sa traversée vers les Bermudes, puis les Etats-Unis. Nous contournons ensuite l'île pour attraper de justesse (et escortés par les douanes venues faire une contrôle à bord - première expérience du genre, finalement davantage une formalité qu'un trauma...) le lever du pont pour entrer dans le Simpson Bay Lagoon. Là, nous installons Panta Rhei au quai où elle passera deux semaines avant de repartir en haute mer.

Il fait toujours une chaleur écrasante, et nous entamons tous les cinq les préparatifs de départ: Marc doit travailler sur le bateau, Luca, Vadim, Nadia et moi faisons les valises pour le retour à Bruxelles. C'est la fin d'une deuxième très belle saison, si riche en contrastes, si différente de la précédente en Méditerranée, et sûrement de la prochaine, le long de la côte est des Etats-Unis. Samedi 12, nous quittons Marc le coeur très serré, mais tous très heureux déjà à l'idée de partager nos expériences vécues pendant un mois, de part et d'autre de l'Atlantique, lorsque nous nous retrouverons à New York...

***

A l'heure où j'écris (30 mai, 22h19, GMT+2), Panta Rhei file avec Marc, Jérôme et François à son bord, progressant lentement sous spi vers les Bermudes. Le vent est faible et la mer très calme, d'après le message que m'a envoyé le capitaine aujourd'hui via sa connexion satellite. Les conditions idéales, dit-il, pour pêcher des dorades et deviser sur l'avenir du monde...


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British Virgin Islands - part III: 27 avril - 8 mai

Voilà déjà un mois que je n'ai pas pris la plume. La plupart de celles et ceux qui liront ceci m'auront sans doute vue entretemps, puisque Luca, Vadim et moi sommes rentrés à Bruxelles depuis plus de deux semaines. Je rattrape à présent le retard pris sur le blog; un exercice un peu schizophrène que de rembobiner le temps pour se replonger dans les dernières semaines de notre "saison caraïbe", un ailleurs qui semble si lointain vu d'ici... mais un exercice délicieux aussi, auquel je me livre avec joie.

27 avril, donc: Luc est parti, et nous retrouvons les copains d'Ortemi (3 mois depuis notre court séjour ensemble à la Barbade) dans le Gorda Sound, pour 48 heures de retrouvailles enthousiastes.

Dans le soleil déclinant, nous quittons Gorda le 28 pour cueillir Nadia (alias Nonna), qui vient pour notre plus grand plaisir terminer la saison avec nous.

C'est, à chaque fois, un régal que de la recevoir à bord: elle est instantanément chez elle et vit pleinement l'aventure avec nous, avec un enthousiasme inébranlable. Avec Nadia, tout est bien, tout est bon.

Pendant deux semaines, nous (re)-faisons avec elle notre circuit "habituel" entre les îles (un tour avec les Drion, un tour avec Luc, et maintenant un troisième tour avec Nadia: le tracé de notre navigation dans les BVIs commence à ressembler à une toile d'araignée...), et retrouvons avec plaisir les endroits qui nous ont particulièrement plu: le Gorda Sound (Eustatia et le Saba Rock: l'excitation des enfants est totale au moment de faire découvrir à Nonna les animaux divers -tarpons, toucans, murène, langoustes, concombre de mer, etc.- qu'ils sont déjà venus voir cinq fois), de Tortola, de Pelican Island (un snorkelling magnifique entre les rochers), de Peter Island (notre mouillage favori dans la région, si paisible et sauvage, où les oiseaux chantent à tue-tête et les raies dansent au fond de l'eau - Marc et moi avons même aperçu un requin nourrice passant sous le bateau dans la lumière de la lune! Nous nous en souviendrons désormais aussi parce que la baie a été, avec Nadia, le théâtre d'une chasse au trésor - étant des cacahuètes, du sirop de cassis et du gin - entre terre et mer orchestrée par les enfants pour une Nonna qui a parfaitement joué le jeu...), ou encore les Baths et leur décor de rochers majestueux.

Nous avons, aussi, fait avec elle de belles découvertes, notamment l'île d'Anegada (située le plus au nord de l'archipel des BVIs), un atoll corallien de moins de 40 km carrés et presque parfaitement plat. Nous y passons deux nuits dans un magnifique mouillage (Pomato Point), que nous partageons seulement avec Mirko, Téa et Aurélien sur Ortemi. Encore une fois, nous avons la sensation de toucher le bout du monde...

Autre moment fort de notre séjour avec Nadia, la nage avec des dauphins au "Dolphin Discovery" à Tortola!! Le temps ce jour-là était tristement humide (c'est sans doute ce qui nous a valu d'être seuls dans l'eau) et l'infrastructure des bassins un peu défraîchie, mais l'expérience fut absolument inoubliable, à tel point que, de retour à Bruxelles, c'est à peu près tout ce que Luca et Vadim racontent de leurs cinq mois dans les Caraïbes...

Le 8 mai, après une dernier café au Saba Rock (encore!) avec Mirko, Téa et Aurélien pour leur souhaiter bon vent jusqu'à nos prochaines retrouvailles (dans un peu plus d'un mois, à New York...), nous quittons les BVIs et prenons la mer pour la traversée (redoutée) vers Sint Maarten, 75 milles nautiques: en fonction du vent, de la mer et du courant, nous y arriverons le lendemain...ou le surlendemain!




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vendredi 27 avril 2012

British Virgin Islands - part II: 12-26 avril

Juste apres le depart de Never Mind, nous reconnectons avec Coco qui revient a peine d'un aller-retour a Saint-Martin pour y cueillir les parents et la soeur d'Olivier. Nous les retrouvons dans le Gorda Sound, une sorte de mer interieure situee au nord est de Virgin Gorda, ou ils nous font decouvrir le Saba Rock, un petit ilot amenage en bar-restaurant-hotel qui sert un redoutable "painkiller" (rhum-orange-ananas-coco)... un remede sur mesure pour oublier l'absence des Drion...

Tandis que Coco quitte le Gorda Sound assez vite (hormis Laure-Astrid et Olivier, l'equipage est la pour peu de temps et souhaite voir du pays...), nous restons immobilises dans l'excellent abri que constitue Biras Creek, le temps de laisser passer un coup de vent et de houle a l'exterieur. A part un bout de nuit passe par Marc a aider un couple de voisins anglais a desentortiller l'amarre de leur bouee, coincee autour de leur quille, tout est calme - et beau. La visite du Biras Creek Resort, qui surplombe d'un cote les eaux calmes de la mangrove et de l'autre la houle atlantique, est un regal: on n'y croise pas un client, mais des chevaux, des chevres, des poules, des jardins fleuris, des terrains de tennis, un heliport, un jeu d'echecs geant, bref une bien belle balade... Nous profitons aussi de la plage du Bitter End Yacht Club et nous faisons une religion d'aller voir chaque jour, a 17 heures precises, le "fish feeding" des tarpons (sortes de carpes inoffensives mais surdimensionnees) au quai du Saba Rock!

Mercredi 18, nous mettons le cap sur Trellis Bay, a Tortola, pour l'arrivee de Luc. Ce cher, bon vieux Luc! Depuis dix ans qu'il a emigre en Argentine, puis en Uruguay, nous nous etions si peu vus. Et pourtant, au moment ou il monte a bord on a l'impression de s'etre quittes la veille - non seulement parce qu'il n'a pas change, mais parce qu'entre Marc et lui c'est une histoire vieille de pres de trente ans. Pendant une semaine, nous zigzaguons avec lui entre les iles: d'abord une halte sur l'ile de Jost Van Dyke (!) pour faire nos adieux a Coco qui repart, definitivement cette fois, vers Saint Martin (a quand les retrouvailles, les copains? Septembre aux Etats-Unis? Olivier, client pour la transat retour l'anne prochaine?), puis Norman Island et ses grottes, Peter Island et son mouillage de reve (nous passons la une exquise soiree-comme-au-bon-vieux-temps, a ecouter de la tres bonne musique et boire du tres bon vin, inoubliable par le plaisir que l'on a eu a la passer ensemble... et par les maux de tete qui nous ont cloues tous les trois toute la journee du lendemain), Cooper Island et son delicieux restaurant, Eustatia Island et le snorkelling avec les raies, et enfin Marina Cay et la langouste du dernier soir.

Merci Lucky d'avoir voyage jusqu'ici pour vivre avec nous -dans la chaleur ecrasante de cette fin de saison- un peu de l'aventure ! C'etait un bonheur de te retrouver. Hasta la vista, l'ami...

Mercredi 25, une fois Luc depose a l'aeroport de Tortola (dix minutes chrono depuis la bouee d'amarrage dans Trellis Bay), nous retraversons sans tarder vers Spanish Town sur Virgin Gorda afin de demander le renouvellement de nos visas, delivres pour un mois a notre arrivee dans les BVIs fin mars. Un mois deja! En prenant des renseignements aupres de l'immigration, nous avons la mauvaise surprise d'apprendre que, si l'extension de nos quatre permis de sejour ne devrait pas poser de probleme, il n'en est pas de meme en ce qui concerne Panta Rhei: les bateaux etrangers ne peuvent rester plus de trente jours sur le territoire. Il faudra donc sortir et re-entrer dans le pays (aller/retour a Saint Martin? gloups) ou effectuer une importation temporaire du bateau. La premiere option n'est pas envisageable, il faudra donc se preparer a vivre le cauchemar administratif qui accompagnera certainement la deuxieme (formulaires, couts, inventaire, inspection a bord). Mais... miracle! Usant de son charme inegalable, Marc parvient a obtenir du fonctionnaire responsable (dont rien, pourtant, ne pouvait laisser presager qu'il se montrerait conciliant) d'etre dispenses de la procedure d'importation.

Panta Rhei et son equipage sont donc armes pour poursuivre encore leur exploration des BVIs... Avec Nadia, qui arrive apres-demain, youpie!

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dimanche 15 avril 2012

British Virgin Islands - part I: 29 mars - 11 avril

La route de Saint Martin aux BVIs est un peu longue (85 milles), mais en principe assez facile car les alizés, qui soufflent de l'est, sont favorables (c'est le chemin inverse, que l'on fera début mai, qui est notoirement difficile, puisqu'avec le vent dans le nez: au mieux on serre le vent au maximum, au pire on tire des bords, mais dans tous les cas c'est long et pénible - chaque chose en son temps, je tâche de ne pas y penser pour le moment...). Pour arriver avant la nuit, nous décidons donc de quitter Saint Martin à 5 heures du matin. Erreur stratégique: la mer est croisée et les enfants se réveillent deux heures plus tard, gigotés dans leurs cabines dont ils sortent livides. Pour la première fois depuis le début du voyage, Luca est malade (inutile de préciser que Vadim en fait autant peu après), et même Marc confesse un certain inconfort gastrique... Mais le malaise passe (panta rhei, comme disait l'autre), la mer se calme un peu et, surtout, tout le monde se réhabitue à la navigation après une longue période de relative immobilité (nous n'avions plus fait de longue traversée, au fond, depuis la navigation de nuit entre Antigua et Saint Barth). Vers 15h30, soit beaucoup plus tôt que prévu, nous arrivons à Virgin Gorda.

Toutes Britanniques qu'elles soient, les BVIs sont en réalité très "américanisées" et l'accueil glacial que nous réservent le lendemain matin les autorités de la marina devant laquelle nous avons mouillé l'ancre n'est pas sans rappeler la condescendance des fonctionnaires du consulat US à la Barbade ("Star behind the yellow line please" -personne d'autre que moi dans le bureau-; "Why didn't you comme earlier this morning?" -il est 10 heures du matin-; "You're gonna have to take your sunglasses off, Ma'am" -j'ai pourtant expliqué que j'ai une infection à l'oeil et que la lumière me fait mal-; "Here, in this box, I can only see a slash, that ain't acceptable. You have to make an explicit declaration that you are not carrying weapons or ammunitions on board")... Nos copains de Coco, arrivés peu avant nous, ont dû subir un sermon sur le thème du séjour illégal (ils avaient attendu une demi-journée avant de remplir les formalités d'entrée) et été menacés de 10.000 $ (oui, dix mille dollars) d'amende par passager. On ne badine pas avec les règles chez les Anglo-saxons...

Cependant, l'inconfort relatif du trajet et le désagrément administratif de l'arrivée sont oubliés d'un coup lorsque nous nous accrochons à une bouée dans Trellis Bay, sur l'île de Tortola, au lieu de rendez-vous fixé avec la famille Drion, en vue de leur arrivée imminente.

La joie de les revoir est immense, et les retrouvailles sont si chaleureuses que tout se passe comme si on ne s'était jamais quittés. Presque trois mois, pourtant, depuis nos adieux humides sous les Deux Pitons de Sainte Lucie...

C'est donc avec beaucoup de bonheur et d'entrain que nous nous mettons en marche pour une nouvelle expérience de navigation avec eux, d'emblée différente de la précédente: ce coup-ci, Frank-le-skipper restera à terre en "stand-by", car pour la première fois, Laurent a décidé de prendre seul les commandes de Never Mind.

Pendant dix jours parfaits, nous naviguons tranquillement d'un mouillage à l'autre (les distances sont très courtes), enivrés par la beauté qui nous entoure et par le plaisir d'être ensemble. Un plaisir si entier que, lorsque nous ne sommes pas tous à bord de Never Mind (au rythme, cette fois, de trois repas par jour...), nous continuons à communiquer presque en continu sur le canal 71 de la VHF!

Les souvenirs sont nombreux et durables, et dans le désordre, je repense aux divines balades en kayak avec Sophie; au royal pique-nique sur une plage d'Eustatia; aux tentatives acharnées de réanimation par Laurent, a.k.a. Mac Doctor -et Sophie au sèche-cheveu- de mon ordinateur portable tombé dans l'eau; à l'enthousiasme débridé de Gaspard au jeu-du-chapeau (ou "Tuinwoman", pour les puristes); à l'étourdissante déclaration d'amitié de Marc à Laurent à travers les morceaux d'ananas disposés tout spécialement sur sa focaccia maison (et pourtant, en bon Italien, il ne plaisante pas avec certains principes culinaires); au condensé de gentillesse contenu dans les petits mots laissés par Noémie à Luca et Vadim; à la magnifique traversée dans le chenal entre les îles anglaises et américaines; aux ciels dorés de fin du jour; au défi lancé par Sophie, sans qui je n'aurais certainement pas entrepris de chausser ces skis nautiques; à la très convaincante ménagerie que nous formions à table, emballés par un concours de cris d'animaux (grâce à vous j'ai découvert que Marc maîtrise à la perfection la nuance entre chèvre et mouton); à la promenade entre terre et mer dans les "Baths" de Virgin Gorda; aux batailles de fusils à eau entre bateaux; au barracuda semi-apprivoisé de Prickly Pear Island; et à l'impatience des garçons pour commencer la classe quand Noémie et Gaspard se sont improvisés professeurs d'un jour...

C'était un peu Noël au printemps (et je pianote à l'instant sur le clavier d'un sublime portable qui me le rappellera pour longtemps) - mais c'était surtout un plaisir de tous les instants, la confirmation évidente d'une très belle découverte sur le plan humain. Du fond du coeur merci, et vivement les prochaines retrouvailles en mer: Noël aux Bahamas...

click here to view photo album - (c) S.O.S. & Drion Pictures Intl

Saint Martin, 25-28 mars

25 mars, après une matinée tranquille à l'île Fourchue juste au large de Saint Barth, et les au-revoirs a Taoz et Petit Piment, nous traversons doucement vers Saint Martin - ou plutôt Sint Maarten, puisque nous visons non la partie française mais la partie hollandaise de l'île, mieux équipée pour les quelques travaux à effectuer sur le bateau.

A 17h30, nous passons le pont (qui s'ouvre à heure fixe, trois fois par jour) pour entrer dans le lagon de Simpson Bay. Il y a lagon et lagon: ici point de sable blanc ni d'eau turquoise, mais une enfilade de chantiers, hangars et marinas bondées dans un énorme bassin dont le fond, vaseux, est dragué régulièrement pour tracer un chenal permettant aux moyens et gros quillards de s'y frayer un chemin. Avec 2,2 mètres de tirant d'eau, Panta Rhei doit en principe passer sans problème - mais c'est sans compter avec la déroutante répartition des bouées de signalisation rouges et vertes (elle ne correspond pas au schéma repris sur les cartes de notre guide nautique), le fait que Marc est daltonien (!), et le psychodrame qui se joue à l'intérieur du bateau quand Luca réalise que Vadim vient de perdre le jouet qu'il avait tant convoité et qu'il venait de recevoir pour son anniversaire. En gros, voilà que se mettent à hurler simultanément l'alarme du profondimètre, Marc, et les garçons. One of those moments...

Finalement, après avoir assuré le spectacle pour quelques bateaux amarrés aux environs, nous parvenons sans dégât jusqu'au quai devant le chantier. Pendant trois jours, le bateau est immobilisé et Marc orchestre le bal des ouvriers qui défilent pour travailler qui sur l'enrouleur de génois, qui sur le mât, qui sur le système hydraulique. Comme les environs du chantier sont assez moches, il faut faire preuve d'imagination pour distraire (et rafraîchir) les enfants dans la chaleur écrasante qu'il fait. Finalement, la découverte, de l'autre côté du lagon, d'une plage qui s'avère un lieu de ponte de tortues marines fait amplement l'affaire...

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