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jeudi 20 septembre 2012

Traversée vers le Cap May, la Delaware Bay et le C&D Canal: 15 - 17 septembre

Samedi 15 septembre. Nous quittons Block Island à 8 heures, pour entamer une traversée de 200 milles jusqu'au Cap May. La mer est un peu plus grosse que ce à quoi on s'attendait, et le vent souffle bien: Vadim n'est pas tout à fait dans son assiette et les jeux à l'intérieur du bateau ne sont pas une option, à cause du mouvement... la journée est donc un peu longue mais on file à très belle allure, et jusqu'au milieu de la nuit on maintient une moyenne de près de 9 noeuds par heure! Nous passons au large des côtes du Connecticut, de l'Etat de New York (vers minuit, on devine à tribord les lueurs de la mégalopole au loin...) et du New Jersey, et touchons vers midi le Cap May qui marque l'entrée de la Delaware Bay.

Fatigués par la nuit de navigation, mais "chauffés" par la distance que nous avons déjà parcourue, nous décidons après une très brève halte à l'ancre de poursuivre notre chemin et nous remontons vers le nord jusqu'au milieu de la Delaware Bay. La nuit sera courte: à 6 heures, Marc est levé comme un coucou et lève l'ancre pour profiter du courant favorable (encore lui...) afin d'arriver avant midi à l'entrée du Chesapeake & Delaware Canal. La navigation dans les 20 milles du canal s'apparente assez fort à du caravaning, on peut donc jouer tout son saoûl, prendre le soleil, et même faire la classe.

En milieu d'après-midi, ça y est, nous entrons dans la Chesapeake Bay... Nous passerons ici un mois à descendre doucement la baie avant de "tourner à droite" tout en bas pour remonter la rivière Potomac jusqu'à Washington.


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Rhode Island: 10 - 14 septembre

11 septembre (...): 20 milles rapidement avalés, et nous arrivons en milieu d'après-midi devant Fort Adams à Newport, où nous jetons l'ancre. Youhou, c'est le moment des retrouvailles avec Arnoud, Lizz, Felix et Adrien! Ils ont déménagé il y a un mois et sont maintenant installés dans une nouvelle maison, encore plus charmante que la précédente. Le vaste jardin est baigné de soleil, il y a du bon vin (et même des bulles!), un délicieux dîner, la compagnie de bons amis - bref, c'est le paradis pour petits et grands.

Après deux jours à profiter tant que possible de leur présence et à flâner dans la ville, nous mettons le cap sur Block Island, à 20 milles de là. La navigation est bonne, et marquée par un évènement de taille: pendant le déjeuner, Luca perd sa première dent...dans la polenta (on est Stocker ou on ne l'est pas!). Elle sera rapidement suivie par la deuxième - et à chaque fois, la Petite Souris a trouvé son chemin jusqu'à son oreiller! Oui, elle sait nager. Don't ask.

Block Island, elle aussi, est à la hauteur de notre excellent souvenir: la lumière est belle, la promenade magnifique et nous découvrons au sommet d'une colline une ferme abritant des animaux pour le moins exotiques...


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Provincetown, Cape Cod Canal et Buzzards Bay: 6 - 10 septembre

6 septembre. La navigation de quarante milles vers Provincetown est facile, voire même un peu trop calme: sans vent, nous avançons au moteur - lentement mais sûrement, et soulagés de sortir de la zone minée par les casiers à homards! En fin d'après-midi, nous jetons l'ancre à l'endroit précis où nous étions un mois auparavant, et prenons contact comme convenu avec Jérôme, l'ex-ORL reconverti en peintre/jardinier/cultivateur rencontré par un bienheureux hasard grâce à l'otite de Vadim lors de notre passage ici au mois d'août, sur notre route vers le Maine. Louis et lui nous reçoivent chez eux pour un somptueux dîner et nous passons ensemble une très bonne soirée. Le lendemain est une journée magnifique, et après un déjeuner à six sur Panta Rhei Jérôme nous transporte dans son "camion" à la découverte de quelques plages sublimes non loin de la ville. Quel bel endroit...

Nous souhaitions nous mettre en route le 8 pour passer le Cape Cod Canal, mais le temps est maussade et le vent défavorable. Nous prolongeons donc notre séjour à Provincetown d'un jour, et j'emmène les enfants en balade dans la ville (notamment dans l'étonnante bibliothèque municipale qui abrite dans la section "livres pour enfants" une réplique à l'échelle 1/2 d'une goélette du début du XXème siècle célébrant la tradition et le savoir-faire de la construction navale en Nouvelle-Angleterre...) tandis que Marc remonte, pour la première fois depuis longtemps, sur son kite-surf...

La traversée du canal, calibrée avec précision en fonction des courants très forts causées par les différences de marées de part et d'autre, est tranquille et nous entrons dans la Buzzards Bay où nous ferons deux haltes avant de retourner à Newport retrouver la famille Villegas: Mattapoisetts (dont l'atmosphère est aussi étrange que le nom, et où nous ne croiserons pratiquement pas âme qui vive) puis l'île de Cuttyhunk, toujours aussi belle, peut-être plus encore que lors de notre premier passage, dans la lumière et et le calme de l'après-saison.

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samedi 8 septembre 2012

Boston: 1 - 6 septembre

Après une belle nuit et une journée de navigation tranquille et ensoleillée (mis à part une véritable invasion de mouches à l'approche de la côte, rien à signaler), il est 16 heures environ ce 1er septembre quand nous jetons l'ancre devant le Fort Warren sur l'île de St George à quelques six milles de Boston: un site idéal pour dégourdir les jambes des enfants après une journée entière à bord...

Le lendemain, nous serpentons entre les Harbour Islands et franchissons le chenal d'entrée de Boston pour nous installer à une bouée devant la Waterboat Marina où, comme à New York, nous jouissons du spectacle étonnant du skyline à un jet de pierre du pont de Panta Rhei.

Nous sommes instantanément séduits par cette ville qui conjugue toutes les qualités: belle et cosmopolite, à la fois historique et bouillonnante, de taille accessible... et proche de la mer. Nous grimpons au sommet de la Prudential Tower, parcourons en vélo le Freedom Trail (un circuit de six kilomètres marqué au sol par une ligne rouge qui inclut les principaux monuments et haut-lieux de la ville, dont le magnifique Boston Public Garden, la Old North Church et le USS Constitution, frégate de la US Navy construite en 1794), visitons l'aquarium, nous imprégnons de l'atmosphère de North End (le quartier italien qui évoque vivement la géniale série The Soprano's, avec ses carrefours dédiés à la mémoire de figures emblématiques aux noms qui laissent rêveur: Johnny Da Pasquale, Jack Giovanonni ou Franck LaCarbonara...) et paressons au bord de la Charles River.

Ici aussi, nous aimerions revenir...

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Maine - part II: 25 - 31 août

L'air de rien, nous avons entamé la descente: depuis que nous avons quitté Mount Desert Island le 20 août, nous naviguons vers le sud(ouest), en sauts de puces entre les myriades d'îlots qui forment la belle Penobscot Bay.

Nous avançons le plus souvent en "petit train" avec Pingouin, et toujours en zigzag pour éviter les casiers à homards... Coup de coeur de cette fin de séjour dans la région, le mouillage de Seal Bay au sud est de l'île de Vinalhaven, où nous attendons la marée haute pour effectuer, à deux annexes, une magnifique promenade entre les rochers. Et les enfants ne se lassent pas d'explorer, tous les cinq, les merveilles de la nature...

Après un passage à Rockland pour profiter des facilités terrestres et goûter -enfin- aux spécialités culinaires du cru (c'est ici que se tient chaque année le Maine Lobster Festival), nous quittons Jean-Michel, Perrine et leurs trois délicieux enfants pour continuer, chacun à son rythme, la descente. Nos programmes sont légèrement différents à partir d'ici, puisqu'ils traceront en ligne droite depuis le Maine jusque Provincetown, avant de retraverser le Cape Cod canal, tandis que nous avons prévu de faire halte à Boston.

Mercredi 29, après une trentaine de milles depuis Rockland, nous arrivons à Boothbay Harbour. Après ces trois semaines exquises passées ensemble, l'absence des Pingouin crée un vide qui nous serre un peu le coeur... Nous attendons tranquillement (un dernier homard, une balade en bus autour de la péninsule) une fenêtre de vent favorable pour parcourir les 115 milles qui nous séparent de Boston et, à la tombée de la nuit ce vendredi 31, nous nous mettons en route. Le début de la nuit est un peu impressionnant, dès lors que le ciel est chargé d'orages et d'éclairs et que le vent souffle en rafales. Mais comme prévu (une fois n'est pas coutume...), les conditions se calment assez vite et la traversée sera belle et tranquille.


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samedi 25 août 2012

Maine - part I: 10 - 25 août

Nous le savions, la météo pour notre traversée de 175 milles vers le Maine n'était pas idéale: on annonçait un peu de pluie et des pointes jusqu'à 25 noeuds de vent. Rien de très engageant, au point que nos amis de Pingouin ont renoncé à partir en même temps que nous. En effet, nous avons quitté Provincetown sous un ciel menaçant, et l'après-midi de ce 10 août fut globalement humide et grise, avec un vent soufflant en rafales sur une mer croisée. Seule éclaircie (subjective): la vision, non loin de Panta Rhei, d'un groupe de baleines (ou de rorquals?) crachant à la surface de l'eau - elles paraissaient si nombreuses et proches de l'étrave que Marc a dégainé l'avertisseur de brume pour tenter de les éloigner!

Jusqu'à la tombée de la nuit, donc, c'était peu joyeux mais gérable au point de vue de la navigation: avec un ris, puis deux, dans la grand voile, nous avancions bien (plus de 9 noeuds de moyenne, youhou!) et nous avons pu trouver sans trop de difficulté un petit coin (dans le carré, les mouvements secouant trop dans les cabines) où coucher les enfants, tête bêche. Mais la situation s'est rapidement dégradée, quand vers 23 heures le vent a forci brusquement jusqu'à 45 noeuds, nous obligeant, sous une pluie devenue torrentielle et dans une mer bien agitée, à affaler complètement la grand voile, enrouler le génois et sortir la trinquette (ou voile de tempête). Et comme si les conditions n'étaient pas encore assez difficiles, tous les instruments (GPS, auto-pilote, anémomètre) sont tombés simultanément en panne, nous forçant à nous relayer à la barre pendant toute la nuit sous une pluie diluvienne, les yeux rivés sur la boussole pour tenter de garder un cap approximatif. Navigation à l'ancienne...

J'ignore ce qui, dans ce genre de situation, fait que l'on ne se laisse pas paralyser par le stress - quelque chose, sans doute, comme le réflexe de survie. Objectivement, la situation était très délicate, voire même dangereuse, et la vision de Marc en tenue de quart et en gilet de sauvetage, trempé par la pluie, circulant (le moins possible, quand même, et en s'attachant à la ligne de vie) sur le pont pour régler le gréement relevait pour moi, accrochée à la barre, du cauchemar éveillé. Mais le calme du capitaine et sa maîtrise du bateau, et puis la confiance à laquelle on se refuse de renoncer, conduisent à faire face - et à décompter patiemment les heures jusqu'au lever du jour, qui faute de calmer définitivement les conditions ramènera au moins de la lumière... Vers 8 heures, le vent a finalement faibli et la pluie a cessé, laissant place a une brume épaisse (moins de 100m de visibilité) alors que nous zigzaguions entre les rochers dans la baie de Penobscot - bienvenue dans le Maine !

***

Mais à l'heure où j'écris ceci, nous sommes deux semaines plus tard et cette traversée paraît bien loin, tant nous nous délectons chaque jour des paysages du Maine, très largement à la hauteur de nos attentes. Si l'on nous avait décrit la beauté de la région, on nous avait aussi mis en garde contre ses deux "fléaux": la brume et...les casiers à homards. Du premier, nous avons subi assez peu d'épisodes (et même dans la brume, c'est beau!), et du second nous avons réussi à éviter le pire, en n'emmêlant q'une seule fois (un exploit quand on voit à quel point la mer ressemble à un champ de mines, criblée de bouées multicolores) la ligne d'un casier dans l'hélice du moteur - ce qui a valu à Marc de plonger, armé d'un couteau, pour couper ladite ligne.

Les cinq Pingouin (Jean-Michel, Perrine, Martin, Caroline et Rémi), qui ont finalement quitté Provincetown trois jours après nous (175 milles au moteur, sans vent sur une mer d'huile...), nous ont rejoints au mouillage dans le fond du Somes Sound sur l'île de Mount Desert où nous avons passé une semaine entière à explorer les multiples beautés de ce paradis de "grande nature": Mount Cadillac ("the earliest sunrise in the United States"), Jordan Pond, Echo Lake - autant de promenades magnifiques entre rochers et forêts, prétextes à toutes sortes de découvertes animales et végétales! Sur Mount Desert aussi, un pèlerinage jusqu'au petit Brookside Cemetery de Somesville, où sont enterrées sobrement Marguerite Yourcenar (partie d'ici faire une croisière dans les Caraïbes le jour de son élection à l'Académie Française, quand même...) et sa compagne Grace Frick, qui ont vécu sur l'île pendant 35 ans jusqu'à la fin de leurs vies. L'émotion est forte d'imaginer leurs longues promenades dans l'isolement des Monts Déserts, ici même...


Après Mount Desert, nous avons découvert -avec les Pingouin toujours, dont nous savourons tant la présence que nous ne les quittons que pour dormir...- d'autres mouillages magnifiques et sauvages (Swans Island, Round Island et Mc Glathery), où la nature constitue un terrain de jeu infini pour les cinq enfants, qui partent en kayak jusqu'au rivage et s'amusent ensemble des heures durant, personnages imaginaires des histoires qu'ils s'inventent, récoltant les mille et un trésors mis au jour par la marée basse ou barbotant dans l'eau (glacée), manifestement heureux comme des Robinson... Depuis quinze jours, il fait presque inconditionnellement grand beau, et les paysages sublimes de pins et de blocs de granit géants se découpent avec une netteté parfaite dans une lumière éblouissante. A la question que l'on m'a souvent posée concernant notre voyage ("qu'est-ce qui vous a le plus plu?"), je commence à avoir une idée de réponse...


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vendredi 10 août 2012

Massachusetts: Cuttyhunk, Martha's Vineyard, Woods Hole, Cape Cod: 1 - 10 août


31 juillet. Sous un ciel gris et une légère brume (après tout, c'est la Nouvelle-Angleterre), nous quittons Newport, et l'Etat de Rhode Island, pour entrer dans le Massachusetts. Première étape, l'île de Cuttyhunk. Le temps est maussade et le bateau gigote tout le long - et pour rajouter au folklore, Vadim fait une déplaisante découverte dans le bol de instant noodles au poulet qu'on lui sert pour le déjeuner: "Maman, Papa, ce sont des asticots, ça !!?" - "Euh..pose ta fourchette et balance le tout par-dessus bord!!". Pas de doute, ce voyage les aura initiés à l'aventure...

Nous arrivons cependant sans séquelles, mais sous une pluie devenue torrentielle, dans le Cuttyhunk Pond, bassin presque entièrement fermé devant le village de Gosnold. Le lendemain, divine surprise, nous nous réveillons sous un ciel parfaitement clair et partons allègrement à la découverte de l'île. Le charme opère tout de suite, l'endroit est étonnant: ici, on circule à pied (nu) ou en voiturette de golf, il y a pour tout commerce une épicerie minuscule, les jardins sont très soigneusement fleuris et la sensation d'isolement est forte - si la population s'élève à quelques centaine pendant les mois d'été, ils sont 12 (oui, douze) à vivre là toute l'année. L'école du village, charmante comme tout le reste, fonctionne pour 2 (oui, deux) élèves inscrits...un frère et une soeur. Le petit musée de l'histoire locale nous apprendra que l'île constitua, en 1602, le premier établissement des Anglais dans la région, que les hivers y sont incroyablement rudes et que les premiers habitants gagnaient leur vie en partant au large guider les bateaux de passage à travers les dangereux récifs des environs (dans le Vineyard Sound et Buzzards Bay, de part et d'autre de Cuttyhunk), qui valurent à l'époque à cette région le surnom de "graveyard of the Atlantic"... 

Nous partons ensuite pour Martha's Vineyard, à l'est: Vineyard Haven, Oak Bluffs puis Edgartown. Beaucoup plus grande, et plus touristique, que Cuttyhunk, l'île est néanmoins très belle et nous y passons quelque journées délicieuses entre le bateau (reprise de la classe, enfin!) et les promenades. Ici, on ne se baigne pas beaucoup: l'eau est verdâtre et assez fraîche, et puis si l'île fut il y a 35 ans le lieu du tournage des deux premiers volets de la mythique saga "Jaws" de Spielberg, ce n'est pas par hasard: cet été encore, une trentaine de grands requins blancs ont été aperçus non loin des côtes!

Dimanche 5 août, cap vers le nord-ouest pour une petite navigation jusque Woods Hole, à la pointe sud du Cape Cod. Nous y passons deux nuits dans le magnifique mouillage abrité de Hadley Harbour (qui n'a de "harbour" que le nom: tout autour de nous, deux grandes maisons en bois, un ponton -privé, bien entendu- et de la grande nature...). Nous y retrouvons Pingouin et Ortémi: balade en dinghies entre les îlots, construction par les enfants d'une belle cabane sur la plage, dîner entre amis et visite des multiples institutions (aquarium, musée, centre de recherche) océanographiques. La ville toute entière semble consacrée à l'étude sous-marine - et se targue d'ailleurs d'avoir formé l'équipe de chercheurs qui a découvert l'épave du Titanic.

Nous passons ensuite par Marion (quelques cacahuètes au yacht club, une promenade à travers les rues désertes, un tour à la plaine de jeux, et un tête-à-tête pour moi avec le vieux propriétaire de l'épicerie -tout droit sortie de "La petite maison dans la prairie"- qui m'emmène dans son pick-up chercher de l'argent au distributeur car il n'accepte pas les cartes bancaires) avant de passer le Cape Cod canal pour nous poster à Provincetown, à l'extrémité nord de la péninsule, qui sera le point de départ de notre traversée vers le Maine. Provincetown, ville touristique mais néanmoins authentique, historiquement libérale: les façades sont agrémentées de drapeaux arc-en-ciel, les galeries d'art sont nombreuses et les couples homosexuels se promènent fièrement sous le soleil. Comme Vadim se plaint de façon de plus en plus criante d'une douleur violente dans les oreilles, nous nous mettons en chasse d'un ORL. Nos recherches nous conduisent chez un Québecois qui ne pratique plus depuis huit ans (ne pas croire tout ce qu'on lit sur internet) mais offre de faire une exception et de nous retrouver dans la demi-heure sur la plage (à travers le télescope installé dans son jardin pour l'occasion, il repère Panta Rhei à l'ancre dans la baie!) pour nous emmener chez lui, car il se dit touché par le fait que nous soyons en voyage en bateau, venus de si loin...et francophones! Outre notre gratitude pour cette consultation improvisée et gratuite au pays de la médecine hors de prix, nous avons été enchantés par cette rencontre avec Jérôme, installé dans une incroyable maison construite dans les années 70, dans un vaste terrain sur le promontoire de la ville avec le compagnon dont il partage la vie depuis 35 ans. Retraité à 50 ans, il occupe son temps à jardiner, cultiver son immense potager, peindre et...rêver de naviguer. Pour le remercier de sa gentillesse, nous l'avons invité à passer quelques heures avec nous sur Panta Rhei aujourd'hui, pour une micro-navigation en forme d'aller-retour à la plage de l'autre côté de la baie avec Perrine et les enfants. Ce fut (encore) une bien belle journée. 

Demain matin, si malgré les prévisions le brouillard n'est pas trop dense, nous mettrons avec Pingouin le cap vers le Maine, notre destination la plus au nord sur la côte est-américaine avant de redescendre doucement vers le sud pour retrouver la mer caraïbe début décembre.